Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 15:13

Continuons la découverte écologique du guern de la Laïta, objet des attentions de notre section !

           Le guern de la Laïta est une "mégaphorbiaie" typique (c'est le terme utilisé mais il serait plus correct de dire mégaphorbaie), c’est-à-dire une prairie haute (mega), située en bordure de cours d’eau, en zone alluviale et régulièrement inondée. Dans la dynamique de la végétation, le stade « megaphorbiaie »  se situe entre la prairie de fauche et la saulaie. C’est une prairie à roseaux, faux roseaux, glycérie, carex paniculé (monocotylédones) megaphorbiaieavec beaucoup de dicotylédones (ou mégaphorbes), contrairement à une prairie normale : des reines de prés en grand quantité, de la salicaire, de l’angélique, de la valériane, de l’oenanthe, du liseron, de l’ortie, etc.

La mégaphorbaie évolue naturellement vers la forêt alluviale en passant, quand les alluvions sont fines, par un stade à saules ce qui est bien le cas ici, ou à peupliers quand les alluvions sont grossières, comme sur le lit de la Loire ou du Rhône. La forêt dite alluviale a été partout détruite par l’homme et est donc devenue très rare et considérée comme habitat prioritaire au niveau européen.*

            C’est un milieu très dynamique, très riche en espèces tant animales que végétales, ou même mycologiques, qui trouvent là des conditions de vie qu’elles ne trouveraient pas ailleurs. Trois espèces d’arbres sont très caractéristiques de la forêt alluviale: frêne, érable, tilleul mais aussi des lianes dont la vigne, originaire de ce type de milieu plus au sud, ou encore le houblon déjà présent sur le guern. C’est donc un embryon de forêt alluviale que nous avons là, qui va, si on lui en laisse le temps, occuper peu à peu tout l’espace.

            En plus de son intérêt pour la biodiversité animale et végétale, le guern présente, comme toutes les autres stations de ce type, l’intérêt d’être un filtre naturel de l’eau : situé dans le lit de la Laïta, il participe à l’épuration de ses eaux riches en produits toxiques, en piégeant dans ses limons, nitrates, phosphates, PCB (cancérigène probable) …  Rappelons qu’en septembre 2009, la Préfecture du Finistère interdisait la consommation et la commercialisation des poissons de fond pêchés dans l’Isole et la Laïta, contaminées par le PCB.

            Lors de notre visite au Guern, pour la grande marée, la végétation était au repos. Une sortie, au printemps,  nous permettrait de voir les plantes en fleur et de mieux apprécier l’endroit.

 

* Pour plus de renseignements sur les forêt alluviales d' Europe, on peut lire le livre qui porte ce nom, écrit par Annik Schitzler-Lenoble et disponible à la bibliothèque de la section.

Partager cet article
Repost0

commentaires